Cystite/Infection urinaire récidivantes: le biofilm comme explication

Salut la compagnie,

 

« Ex-cystiteuse » chronique (10 ans d’enfer derrière moi) et infirmière de métier, je me suis largement intéressée à la question et voulais partager avec vous une donnée très méconnue : l’implication du biofilm bactérien dans les infections urinaires basses chroniques.

 

Le biofilm bactérien est un ensemble de bactéries (parfois toutes de la même espèce, parfois d’espèces différents, parfois associées à des levures et autre micro-organismes) qui « tissent » un « manteau de protection » autour d’elles et s’enferment dedans. De cette façon elles s’installent durablement dans la vessie car à l’intérieur de cette « carapace » elles ne peuvent être attaquées ni par nos défenses naturelles, ni par les antibiotiques. Par contre elles interagissent avec le milieu extérieur et « apprennent » quelles sont nos défenses, mutent et deviennent de plus en plus résistantes. Voilà pourquoi la prise d’antibiotiques chronique est très fortement déconseillée surtout en cas de cystites récidivantes.

Cette pratique ne fait que renforcer l’antibio-résistance des « persisters cells » = bactéries « souches » qui sont à l’intérieur du biofilm. Ces dernières peuvent se mettre en sommeil pendant de longues périodes donnant ainsi l’impression d’une guérison totale puis se réveiller au moment propice (baisse des défenses immunitaires, grossesse…) pour « réattaquer ».

 

Pour en savoir plus sur les biofilms bactériens je vous renvoie à cette « leçon » très bien faite du Professeur Philippe Sansonetti, médecin et un chercheur en microbiologie, chercheur à l’Institut Pasteur et professeur au Collège de France:

https://www.college-de-france.fr/media/philippe-sansonetti/UPL6963899673740426872_20100114.pdf

 

En présence de biofilm bactérien le « parcours type » de la patiente (car cela concerne plus les femmes que les hommes pour des raisons anatomiques évidentes = urètre court) ressemble en général à ça :

– infection urinaire avec ecbu positif (par ex: e.coli) => traitement antibio => « guérison »

– mycose vaginale et/ou troubles digestifs dus à l’antibiotique (car en général c’est un antibiotique à spectre large qui est utilisé) + symptômes de cystite avec ecbu négatif => pas de traitement pour la cystite et « rémission spontanée » / ovules, gel intime… pour la mycose + probiotiques pour la flore intestinale (et régime alimentaire sans fibre pendant quelques jours)

– réinfection urinaire avec ecbu positif (parfois la bactérie est la même mais si le biofilm est polymicrobien cela peut être une autre, par ex: klebsiella) …etc

 

Je passe sur tous les effets collatéraux de ce cercle vicieux = libido en baisse, moral en baisse, arrêt de travail, douleurs…

Pour sortir de cette spirale « infernale » il convient d’adopter une approche radicalement différente du problème : il faut détruire le biofilm et combattre les bactéries ET, en même temps, protéger les bonnes flores et les aider à se restaurer pour que nos propres défenses naturelles puissent être efficaces.

Pour cela, il faut:

– employer une substance capable de « faire fondre » (pour le dire simplement) le biofilm : la N-AcétylCystéine (NAC).

– l’associer à du D-mannose qui va se charger des bactéries libérées au cours de la « dissolution » du biofilm. Il vient se lier aux bactéries qui deviennent donc vulnérables et les entraine vers l’extérieur de la vessie en même temps que les urines.

 

Vues les différents messages que je reçois au sujet de la dissolution du biofilm, j’ajoute un énorme ATTENTION : on trouve de la NAC dans tout un tas de produits (vendus sans ordonnance) comme par exemple dans les dispositifs médicaux qui font « fondre » les sécrétions nasales et bronchiques en cas de toux grasse ou nez bouché. Bien sûr, en cas de cystite il faut employer un produit ciblé sur la vessie comme Ausilium NAC et pas ceux-là. Sinon, vous courez droit à la catastrophe : dissolution du biofilm trop brutale et pas assez de D-mannose pour « gérer » les bactéries libérées => crise assurée et douleurs je vous en parle même pas. Avec Ausilium NAC, au contraire, les dosages sont conçus pour laisser le temps au D-mannose de faire son job de « nettoyage » et d’éliminer toutes les bactéries pathogènes.

 

En plus, le D-mannose est l’un des constituants normaux des parois de la vessie, il va donc aider à sa « reconstruction ». Et pas d’effets secondaires (contrairement aux antibio).

 

Pour ce qui est des flores intestinales et vaginales l’utilisation de probiotiques (plusieurs souches de lactobacilles et Bifidobacterium) associés à des prébiotiques (Fructooligosaccharides) est une bonne piste. A titre perso je conseille Deaflor mais là, vous avez l’embarras du choix.

 

Sachant que par « cystite chronique » on entend plus de 4 épisodes par an et que l’on estime qu’on estime que plus de 60% des infections bactériennes impliquent un biofilm bactérien, j’espère que cette petite explication sans prétention pourra aider certaines.

 

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