Comment le D-mannose pris par voie orale peut arriver dans la vessie?

Salut la compagnie !

Ci-dessous, la réponse d’experte de Mary à cette question qui lui avait été posée sur le groupe Cystite récidivante de Facebook :

Comment le D-mannose pris par voie orale peut arriver dans la vessie ?

Question très pertinente à laquelle j’apporte immédiatement une réponse.

Lorsque l’on parle de prise orale de D-mannose, on se réfère aux modalités suivantes :

  • Comprimés
  • Poudres solubles
  • Poudre orodispersible (= prise sublinguale sans eau)

Dans tous les cas il est intéressant de comprendre comment le principe actif arrive dans la vessie. D’autant que cette compréhension a son importance sur le choix de la forme sous laquelle prendre le D-mannose.

Rappels

 Le D-mannose est un monosaccharide ( = sucre) non assimilable par l’organisme.

Cela signifie que le D-mannose, à la différence de tous les autres sucres simples (comme le fructose, le lactose ou le saccharose par exemple) n’est pas dégradé lors des différentes étapes de la digestion.

Il demeure donc intact tout au long du tube digestif (bouche, estomac, intestin grêle et côlon).

Son absorption, passage du tube digestif vers la circulation sanguine, permet donc un transfert de la molécule complète et inaltérée dans le sang.

Cette caractéristique du D-mannose en fait un sucre « acalorique » = qui n’apporte pas de calorie et n’altère pas la glycémie.

 

« Parcours » emprunté par le D-mannose quel que soit sa forme de prise orale

En fonction de son mode de prise orale, le D-mannose est absorbé pour passer dans le sang à deux niveaux :

  • Dans la bouche, par les capillaires sanguins qui irriguent le dessous de la langue [cas de D-MannOro]
  • Dans le côlon, par les capillaires qui irriguent la paroi intestinale [cas de Ausilium]

 

Il est à noter ici que :

 

1) Plus la formulation du D-mannose est « dense », plus son site d’absorption sera « loin » dans le tube digestif.

A titre d’exemple, le D-mannose soluble sera absorbé plus rapidement dans le côlon que celui en comprimé.

 

2) Plus le site d’absorption du D-mannose est « loin » dans le tube digestif plus le risque de déperdition en principe actif augmente le long du tube digestif.

A titre d’exemple, sur 1g de D-mannose pris de façon sublinguale la quasi-totalité va arriver dans le sang alors que sur 1g de D-mannose en comprimé on estime que moins de la moitié passera dans le sang.

 

3) Plus le site d’absorption du D-Mannose est « loin » dans le tube digestif plus le risque d’effets secondaires gastro-intestinaux indésirables est élevé.

A titre d’exemple, le D-mannose en prise sublingual n’entraine jamais de ballonnements ni de diarrhées ; en revanche, le D-mannose en comprimé présente un risque de troubles de cet ordre 10 fois plus élevé. Ceci est dû au temps de permanence du D-mannose plus prolongé dans les intestins.

 

Une fois dans le sang, le D-Mannose rejoint le système rénal et urinaire via la filtration rénale du sang.

En effet, les reins sont des organes de filtration importants du sang.

Ils vont « sélectionner » le D-mannose transporté par le système circulatoire et le faire passer dans la vessie par le biais des uretères (petits canaux reliant ces deux organes).

 

On estime que la concentration maximale de D-mannose dans la vessie est rejointe :

– 30 à 45 minutes après une prise sublinguale

– 1h après une prise sous forme soluble

– 2 à 3h après une prise en comprimé

 

C’est pour cette raison qu’une miction est conseillée dans les 30 à 60 minutes après la prise de D-MannOro ou Ausilium. Cela permettra d’éliminer les germes uropathogènes liés au D-mannose immédiatement.

 

En conclusion, bien choisir la formulation du D-mannose est aussi une garantie de son efficacité sur les pathogènes :

 

-> Sublingual pour les interventions d’urgences, les situations où l’on ne dispose pas d’eau et chez les sujets au transit altéré avec risque de constipation, ballonnements ou diarrhée.

 

-> Soluble pour les interventions sur les épisodes aigus en cours et la prévention primaire après résolution d’un épisode aigu.

 

-> En comprimé pour les phases de maintien lorsque les épisodes aigus ont disparus depuis au moins 6 mois et en l’absence de troubles du transit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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