Entre lubrifiant et préservatif mon cœur balance

Salut la compagnie !

 

Je re-publie ici un échange sous forme de questions/réponses pêché parmi les conversations que j’ai pu avoir dans le passé sur les forums. Et j’y ajoute le grain de sel de Mary qui a eu l’occasion de traiter du même sujet sur le groupe Facebook « Cystite récidivante » avec une réponse hyper-complémentaire à la mienne.

 

« Comme tout le monde le sait, on conseille à toutes les femmes sujettes aux cystites d’effectuer une miction après chaque rapport sexuel (non protégé).

Cependant, pour aller plus loin j’aimerais vos avis sur quelques usages pour éviter toute infection.

Notamment en ce qui concerne le lubrifiant.

Avez-vous des marques à me conseiller ?

Je sais par exemple qu’il faut éviter les produits contenant dumonosynol-9

D’autre part, avez-vous des recommandations concernant les préservatifs ? »

 

Très pertinente ta question 🙂 et difficile d’y répondre car il y a une telle « variété » dans les lubrifiants et les préservatifs qu’il est bien difficile de s’y retrouver.

Ma réponse sera donc bien « maigre » et j’espère que quelqu’un d’autre commentera ce topic pour la compléter.

Tout d’abord, je précise tout de suite que la cystite, même post-coïtale, N’EST PAS une ist / mst. Chez les femmes qui y sont sujettes elle apparait avec ou sans protection.

Je précise que, d’après mon médecin, en cas de cystite post-coïtale systématique (ou presque) l’utilisation d’un lubrifiant est indispensable.

 

Avant toutes choses une recommandation très très importante quand on parle de cystite post-coïtale: ne jamais jamais jamais effectuer une pénétration vaginale après une pénétration anale sans avoir au préalable changé de préservatif ou effectué une petite toilette (ou nettoyé l’accessoire / sextoy utilisé 😉 ). Dans le cas contraire, c’est offrir « une autoroute » aux bactéries pour passer de l’intestin à la vessie.

 

Concernant les lubrifiants

Mieux vaut choisir un produit :

– Compatible avec l’utilisation de préservatifs. Evidemment c’est une caractéristique indispensable si on utilise un préservatif lol mais aussi si on n’en utilise pas. En effet, si le gel / crème lubrifiante est compatible pour les préservatifs cela signifie qu’ils ne sèche pas et sera absorbé très lentement par l’épiderme avec pour conséquence une bonne lubrification (c’est l’objectif en même temps) mais surtout qui va durer tout le long du rapport sexuel. Cette caractéristique permet d’éviter la formation de microlésions sur la muqueuse vaginale (lesquelles sont responsables de l’infiltration des bactéries causant la cystite post-coïtale).

Du coup mieux vaut privilégier les lubrifiants à base d’eau et éviter ceux qui sont au silicone ou gras.

– Contenant du D-mannose. Ce sucre naturel, s’il est présent dans le lubrifiant, va intercepter directement les bactéries et les empêcher de « remonter » dans l’urètre pour atteindre la vessie.

– Contenant des substances cicatrisantes et hydratantes pour « corriger » la sécheresse vaginale ou « réparer » immédiatement la muqueuse en cas de microlésions.

 

Concernant les préservatifs

Je peux juste te dire que, aussi bizarre que cela puisse paraitre, il vaut mieux les choisir texturés (striés, nervurés ou autre). En effet, un préservatif texturé, bien lubrifié, va limiter les frottements sur la muqueuse vaginale. Qui dit moins de frottements, dis moins de microlésions…etc

J’ajoute qu’il est mieux (même si c’est un peu plus cher) de les choisir hypoallergéniques. En effet, même si tu n’as pas d’allergie, ce type de préservatif est probablement moins « agressif » et donc moins irritant pour les muqueuses. Puisque en cas de cystite les muqueuses sont souvent soumises à rude épreuve il est bienvenu de limiter au maximum leur irritation lors des rapports.

Comme je l’ai dit précédemment, même si le préservatif est lubrifié (ce qui est le cas de 90% des produits existants) il est fortement recommander d’utiliser en plus un lubrifiant.

 

 

« Petite question pour celles qui souffrent de cystites post-coïtales : avez-vous remarqué un lien de cause à effet avec l’usage du préservatif ?

Cela augmente-il l’occurrence des cystites ou cela diminue-t-il le risque ? Ou alors aucun impact…? Merci ! »

 

Je te fais part des « feed back » que nous avons ici et de l’explication scientifique afférente :

*Dans la plupart des cas, la cystite post-coïtale régresse ou disparait totalement avec l’usage du préservatif.*

 

Et ce constat empirique s’explique parfaitement :

1) Tous les préservatifs sont désormais lubrifiés

En effet, la grande majorité (pour ne pas dire toutes) des cystites post-coïtales implique une carence de lubrification durant le rapport.

D’ailleurs ce petit « topo » me donne l’occasion de développer ce point souvent balayé d’un revers de manche par certaines (par pudeur ou méconnaissance).

La lubrification vaginale est un processus physiologique quotidien qui est soutenu par la production d’œstrogènes et une flore de Döderlein abondante et saine. Cette production est responsable des très fameuses « pertes blanches » qui, en quantités raisonnable, sont en général un signe de bonne santé vaginale. En effet, leur rôle principal est celui d’assurer le « nettoyage » de la paroi vaginale et l’élimination vers le milieu extérieur des débris cellulaires et éventuels agents indésirables.

Lors des rapports, avec l’excitation sexuelle, une série de processus physiologiques conduit à l’augmentation rapide de cette production. Elle a alors pour objectif la lubrification de la muqueuse pour faciliter la pénétration et les frottements du pénis du partenaire.

Toutes les femmes ne sont pour autant pas égales face à la production de lubrifiant naturel lors du coït et, très souvent, après une première phase en apparence « normale », les femmes sujettes à la cystite post-coïtales tendent à avoir une production réduite. Cette réduction de la production de lubrification naturelle est potentialisée par certains contextes :

– Baisse du taux d’œstrogène (ex : ménopause, pré-ménopause ou pilule œstro-progestative inadaptée)

– Flore de Döderlein altérée (ex : dysbiose, candidose, prise antibiotique)

– Rapport prolongé

– Positions lors du rapport

En cas de lubrification réduite les frottements occasionnés par la pénétration du pénis vont former rapidement un grand nombre de microlésions qui sont des facteurs prédisposants et précipitants (selon les cas) de la cystite post-coïtale aigue.

La présence de lubrifiant sur le préservatif, même en quantité modeste, permet donc souvent de pallier à cette carence et à éviter l’épisode aigu après le coït.

 

2) Le port du préservatif évite le contact direct de la muqueuse vaginale avec les organes génitaux du partenaire

C’est peut être une banalité mais cet état de fait consent une éviction de l’un des cofacteur de la cystite post-coïtale très souvent sous-estimé : la contamination du partenaire par une levure ou une bactérie uropathogène (ex : Candidose génitale).

Dans ce cas, l’absence de contact direct avec cet agent pathogène évite de déclencher un nouvel épisode aigu qui pourrait advenir :

-> Par passage direct du germe vers la vessie

-> Par « activation » de souches dormantes dans la vessie (biofilm)

 

3) Le préservatif protège du contact avec le sperme du partenaire

Lorsque le partenaire (et ce n’est pas si rare qu’on le pense) à une présence bactérienne dans la vessie, urètre et/ou prostate, l’éjaculation peut être le vecteur de germes uropathogènes, pouvant, dans un second temps, rejoindre la vessie par migration ou remontée.

Dans ce contexte-là, de manière encore plus évidente, le port du préservatif préserve de la cystite post-coïtale.

 

 

J’ajoute pour celles chez qui le port du préservatif ne change rien que cela s’explique sans doute par un schéma infectieux différent dans leur cas. C’est sans doute parce que les germes uropathogènes responsables de la cystite post-coïtale proviennent :

1) De l’intestin

Dans ce cas-là, le rapport entraine une migration bactérienne importante des commensaux intestinaux vers la vessie en raison du rapprochement anatomique physiologique de ces deux organes lors du coït.

Les mesures préventives à mettre en œuvre sont donc plutôt à orienter vers :

-> La résolution d’une éventuelle dysbiose

-> L’amélioration / régularisation du transit intestinal

 

2) D’un biofilm pathogène

Je vous renvoie ici à la lecture des fichiers sur la question : ici et ici.

 

 

 

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