Avis sur l’ail en cas de cystite bactérienne

Après avoir été sollicitée sur ce sujet, il me semblait utile de faire un « topo » sur l’ail et, plus particulièrement son principe actif : l’allicine et ses effets prétendus / vérifiés en cas d’infection urinaire.

Nous parlons ici du principe actif (allicine) et non de l’ail en tant qu’aliment 🙂

 

L’allicine est un composé organo-sulfuré (extrait de l’ail en général) identifié pour la première fois en 1944.

De nombreuses propriétés médicinales ont été attribuées à ce principe actif au fil du temps sans pour autant y apporter une véritable confirmation scientifique.

 

Dans le domaine urologique, en particulier, nous ne disposons que d’un seul travail scientifique; disponible ici 😉

Cette étude, réalisée in vitro, concerne l’action antimicrobienne de l’extrait d’ail, contenant l’allicine (cependant non titrée).

Les chercheurs ont ici évalué l’action de l’allicine sur 166 souches bactériennes isolées de l’urine de patients atteints d’IU en cours.

56% des souches bactériennes isolées étaient résistantes aux principaux antibiotiques et parmi celles-ci, 82% étaient sensibles à l’extrait d’ail utilisé.

De cette manière, la publication tend à indiquer un certain potentiel antimicrobien de la substance allicine contre les souches bactériennes antibiotiques résistantes.

 

Toutefois, certains éléments nous poussent à souligner un manque de significativité de ces résultats pour une transposition directe in vivo et indiquer avec certitude l’efficacité des remèdes naturels contenant des extraits d’ail en cas d’IU :

  • La pharmacocinétique de l’allicine reste à définir (aucune étude en ce sens) pour être en mesure de formuler un produit avec le bon dosage et le juste titrage.
  • De la même manière, des études sont en cours pour définir plus clairement la biodisponibilité de cette substance, une fois ingérée, dans le corps humain.
  • La clairance rénale de l’allicine sous sa forme active reste à démontrer pour avoir une garantie que le principe actif arrive effectivement dans les voies urinaires basses et puisse avoir une chance d’agir contre les germes présents dans cette zone.

 

En conclusion, si l’allicine montre une certaine efficacité in vitro, il n’existe pas de preuves suffisantes de son action réelle in vivo. Mieux vaut lui privilégier, ou l’associer, à une approche naturelle basée sur l’emploi de D-mannose dont l’efficacité est supportée par de nombreuses études.

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *