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Cystite qui ne part pas depuis plus d'un mois  

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Elena1713
(@elena1713)
New Member
Inscription:Il y a 3 semaines 
Posts: 1
19/11/2018 9:40  

Hello Mary,

J'ai vu plusieurs de tes réponses sur des forums, et je viens vers toi car je ne sais plus quoi faire

J'ai attrapé une cystite il y a plus d'un mois suite à un rapport protégé

J'habite en Angleterre, et n'ayant pas de médecin traitant (donc galère la bas), j'ai pris des cachets au cranberry et un peu de nurofen, qui n'ont pas fonctionné

J'ai fais l'erreur d'attendre trop longtemps, c'était pas une douleur horrible et constante mais une gene qui revenait une ou plusieurs fois par jour

puis une amie m'a envoyé une ordonnance française qui m'a permit de prendre l'antibiotique en prise unique (la semaine dernière)

Au bout de 3 jours pas d'amélioration... Je n'ai pas mal quand j'urine etc, mais j'ai toujours envie d'aller au toilette et je ressens comme une gene, ou une brulure. je ne sais pas dire si c'est encore une cystite ou si c'est que l'antibio m'a irritée

J'ai donc vu certains de tes posts et j'ai commandé du D-mannose, des pro biotiques ainsi que la douche italienne que tu as conseillé

Est ce que tu penses que je dois aller voir un médecin? Faire des tests d'urine?

Merci beaucoup d'avance de ta réponse 🙂

Elena


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Mary
 Mary
(@mary)
Membre Admin
Inscription:Il y a 1 année 
Posts: 75
22/11/2018 8:40  

Bonjour Elena et merci pour ce topic  😀 

Ma réponse arrive un peu tardivement je suis navrée mais je vais essayer de vous aiguiller du mieux possible.

Nous sommes donc ici face à une cystite post-coïtale très probablement par remontée étant donné que le rapport était protégé et que cet épisode aigu semble intervenir dans un contexte « sain » = absence de cystite récidivante. Cette situation, bien que malheureusement relativement « commune », a pourtant une particularité : sa persistance ! puisque l’épisode aigu est installé depuis plus d’un mois.

Cette période infectieuse prolongée implique :

  • Une prolifération bactérienne très importante (probablement supérieure à 10^6) avec une plus grande hétérogénéité des colonies bactériennes en présence et, sans doute, une réduction (ou, à minima, une « fatigue ») des défenses immunitaires physiologiques
  • La très probable formation d’un biofilm pathogène (laquelle advient généralement au-delà des 72 premières heures de l’infection)
  • Une forme de chronicisation de l’inflammation urothéliale

Ces trois facteurs mis ensemble donnent lieu à votre symptomatologie qui, probablement, évolue par « poussées » avec des moments de « mieux » et des moments de « pic » symptomatologique lesquels sont dus :

Dans un tel contexte, la prise d’un antibiotique monodose aurait été plutôt déconseillée par les guides de bonnes pratiques en urologie puisque cet antibiotique non spécifique est recommandé en cas de cystite aigue, non compliquée, non récidivante et installée depuis moins de 24/48h. Il aurait donc été préférable d’éviter cette thérapie afin de :

  • Limiter la formation de souches résistantes
  • Empêcher les effets secondaires délétères sur les flores physiologiques (destruction de la flore de Döderlein exposant aux risques de dysbiose, idem pour la flore digestive) -> votre prise de probiotiques actuelle (par voie orale et application locale est donc plus que bienvenue 😉
  • Eviter d’agresser ultérieurement le paroi vésicale (toxines et radicaux libres relâcher par les bactéries lysées)

D’autant que la monodose est très souvent, et c’est malheureusement votre expérience actuelle, inefficace contre les IU persistantes (pour les raisons ci-dessus).

 

En raison de la formation du biofilm la prise de D-mannose comme principe actif unique est une mesure utile pour éliminer les bactéries « libres » hors du biofilm mais insuffisante pour éradiquer le foyer infectieux latent constitué par la matrice et les perister cell qu’elle renferme.

 

En conclusion, dans votre situation, une intervention complète serait utile avec :

  • La réalisation (plus de 5 jours après la dernière prise antibiotique) d’un ECBU complet afin d’identifier la souche bactérienne en présence et de connaitre son spectre de sensibilité antibiotique. Suivie d’une visite médicale qui permettra de définir la conduite à tenir et d’opter, si besoin, pour la bonne stratégie thérapeutique (je vous déconseille ici très fortement de renouveler une prise monodose au profit d’une approche ciblée sur la bactérie en cause et tenant compte de sa sensibilité).

 

  • Une action directement ciblée contre le biofilm -> idéalement à débuter immédiatement et à prolonger absolument durant une éventuelle autre prise antibiotique afin d‘en potentialiser l’efficacité contre les persisters cells. Cette intervention étant à prolongée par une prise prophylactique de D-mannose afin d’inhiber l’adhésion des cellules pathogènes qui auraient pu persister malgré les 15 premiers jours. Pour les schéma posologique conseillé je vous suggère de suivre les indications mentionnées dans ce topic.

 

  • Un prolongement de l’emploi des probiotiques (par voie orale comme application vaginale) jusqu’à la fin de toute thérapie antibiotique et, idéalement, pendant une période de 1 à 2 mois après.

Il me semble également utile de vous orienter vers cette lecture concernant les deux points précédents.

 

  • Un soutien de l’urothélium afin d’aider et promouvoir sa réépithélisation pour réduire l’inflammation et favoriser la restauration de son intégrité. Ici, une prise de Cistiquer sur une période de 1 mois devrait être suffisante 😉

 

 

J’espère que ces premières indications vous seront utiles et reste disponible en cas de besoin  😉 

Courage  ❤️ 

 


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