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SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) et RGO (Reflux Gastro-Œsophagien) : le casse-tête

Cet article est une « étude de cas » à partir d’un témoignage publié sur notre groupe d’entraide :

« J’ai subi une fibroscopie qui a révélé une béance du cardia associée gastrite. Cet examen a été prescrit car RGO nocturne notamment qui me créer de nombreux réveils. Je souffre également de ballonnements qui ont eu pour effet de jouer sur mon rythme cardiaque. Cela va mieux, mais les ballonnements sont toujours présents.
Le gastroentérologue penche pour un SIBO et une porosité intestinale. J’ai eu un régime sans FODMAPs qui m’a aidé sur le moment ainsi que des compléments alimentaires mais en ce moment ça repart de plus belle. »

Ci-dessous, une analyse commentée de ce témoignage fournissant une explication possible, rationnelle et sur base scientifique, de la situation décrite :

Le SIBO est une forme de dysbiose intestinale complexe puise qu’elle entremêle

-> Une altération de l’équilibre du microbiote en faveur d’une pullulation bactériennes (au détriment des autres souches de micro-organismes qui le composent).

-> Une remontée de ce microbiote dysbiotique qui envahit l’intestin grêle ( = siège ectopique) et cause donc des troubles de la digestion, de l’absorption et du transit (ballonnements et douleurs / inconforts localisés sur la partie haute de l’abdomen en particulier)

Le SIBO provoquant des troubles métaboliques à l’intérieur de la lumière intestinale, s’en suit une irritation et des agressions constantes de la paroi entérocytaire (muqueuse intestinale) qui, progressivement, entrainent une inflammation chronique de celle-ci.

SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) et RGO (Reflux Gastro-Œsophagien) : le casse-tête

L’inflammation intestinale ayant pour conséquences :

-> D’aggraver les troubles digestifs eux-mêmes = douleurs et gênes de plus en plus marqués

-> De modifier la fonctionnalité digestive et, en particulier, d’altérer les capacités d’absorption et de filtre habituellement assurés par la barrière intestinale

Les modifications fonctionnelles causent des malabsorptions (risque de carences, perte ou prise de poids, syndrome métabolique…) et un syndrome d’hyperperméabilité intestinale qui, à son tour, permet une aggravation ultérieure de la problématique.
En effet, la « fuite » de substances toxiques hors de l’intestin (produits issu de la digestion et du métabolisme du microbiote dysbiotique) provoque une accumulation de matières pro-inflammatoire dans la muqueuse digestive qui, à long terme, finissent par passer dans la circulation pour être distribuées partout dans l’organisme.

Ces mécanismes causent :

-> Un ultérieur stimulus inflammatoire intestinal (médié par des processus allergiques)

-> Des manifestations extra-digestives multiples et variables selon les sujets (allant de la réaction dermatologique à la manifestation neurologique, musculaire, ligamentaire ou tendineuse, pulmonaire, respiratoire…)

Dans un tel contexte, le système immunitaire se trouve évidemment significativement réduit ce qui laisse le champ libre à des pathologies infectieuses opportunistes qui, avec leurs thérapies (souvent antibiotiques), viennent alourdir le cadre symptomatologique.

Dans le cas particulier ci-dessus, dyspepsie, RGO et béance du cardia sont en réalité un effet collatéral du SIBO et de ses symptômes puisque les ballonnements, en provoquant une compression mécanique du diaphragme, empêchent une vidange gastrique physiologique et « poussent » mécaniquement le bol alimentaire qui se trouve dans l’estomac à refluer vers l’œsophage.

Lorsque ces troubles surviennent, la réponse allopathique la plus répandue est d’agir au travers un traitement par IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) ou antiacides gastriques lesquels, malheureusement, vont pallier aux symptômes mais, en altérant le pH gastrique sont responsables d’une aggravation du SIBO. Se crée alors un effet « cercle vicieux » : SIBO -> ballonnements -> aggravation du reflux -> traitements antiacides -> aggravation du SIBO…

Que faire ?

Face à une situation comme celle-ci, il est donc fondamental de mettre en place une prise en charge cohérente et appropriée en :

1) Palliant temporairement aux effets secondaires du SIBO / inflammation / hyperperméabilité pour maitriser les symptômes et éviter les sur-complications de la problématique de départ.

2) Priorisant sur la résolution des facteurs de risque qui sont à la racine de la symptomatologie pour les contrôler et faire régresser jusqu’à un retour à l’équilibre physiologique duquel découlera une résolution spontanée des symptômes consécutifs.

On peut donc imaginer une démarche qui s’articulerait, en phase 1, comme suit :

-> Prise en charge et maitrise de la gastrite (le gastro-entérologue proposera sans doute une thérapie à base d’IPP ou antiacide qui, bien que totalement contre-indiquée en cas de SIBO, est à suivre sur une période brève pour protéger la paroi gastrique de l’ulcération).

-> Gestion du RGO avec une approche naturelle (on conseillera ici Gastrivox)

-> Réduction des ballonnements et régularisation du transit au travers :

– l’alimentation pauvre en FODMAPs qui reste le « gold standard » de l’approche nutritionnelle

– des repas fractionnés

– une supplémentation orale avec Ausilium Tisana

-> Lutte contre la pullulation bactérienne avec une association d’antibiotiques naturels tels que Batteril ou Alimed pour repousser le microbiote dans son siège anatomique physiologique.

-> Une première approche contre les processus inflammatoires et allergiques histamino-médiés pour réduire œdèmes, spasmes et irritations de la paroi (Nonidea + Pealen)

Ces indications peuvent être envisagées sur une période de 2 à 4 semaines puis seront à faire évoluer sur la base des modifications symptomatologiques individuelles pour passer à la phase 2.

NB. En cas de SIBO, le recours aux probiotiques en phase 1 reste un sujet de débat ; toutefois, dans l’optique d’une prise d’antibiotiques naturels visant à la réduction de la pullulation bactériennes, l’introduction des principes actifs reste à éviter en phase initiale de la prise en charge.

Nous vous remercions d’avoir pris le temps de lire cet article et nous vous rappelons l’importance de toujours faire la distinction entre un cas et un autre : chaque cas est unique.

Si vous souhaitez recevoir des conseils personnalisés vous pouvez écrire un mail à infofrance@deakos.com

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